Économie verte, Développement humain

Le règne du PIB va prendre fin

What we measure affects what we do. If we focus only on material wellbeing – on, say, the production of goods, rather than on health, education, and the environment – we become distorted in the same way that these measures are distorted; we become more materialistic.

Joseph E. Stiglitz

Il y a 10 ans la « Comission on the Measurement of Economic Performance and Social Progress » a publié un rapport intitulé « Why GDP doesn’t add up ». Les auteurs du rapport proposaient une évaluation globale des limites du PIB et expliquaient clairement que le PIB ne permet pas de mesurer correctement le bien-être.

Bien que ce postulat était déjà une évidence dans nos sociétés contemporaines, l’étude a le mérite de rassembler des économistes, des universitaires et des gouvernements autour de la recherche d’alternatives au PIB.

Depuis l‘OCDE a créé une carte interactive et un tableau de bord (Better Life index) pour suivre les indicateurs du « vivre mieux » dans le monde. Cette vision globale se base sur 11 critères:

  • Logement
  • Revenu
  • Emploi
  • Liens sociaux
  • Éducation
  • Environnement
  • Engagement civique
  • Santé
  • Satisfaction
  • Sécurité
  • Équilibre travail-vie

Dans la continuité de ces travaux, le 27- 29 novembre a eu lieu le 6ème forum mondial de l’OCDE sur les statistiques, la connaissance et les politiques. La commission a pour l’occasion publié son nouveau rapport « Beyond GDP – Measuring What Counts for Economic and Social Performance »

D’après J. Stiglitz dans une tribune pour Project Syndicate, il faut chercher de meilleurs moyens de mesure pour plusieurs raisons. Premièrement, de meilleurs indicateurs auraient révélé les effets négatifs de la récession post-crise de 2008 et auraient aidé les politiques à réajuster leurs décisions. Deuxièmement, il estime que les politiques centrées sur le PIB et la prudence budgétaire ont favorisé l’insécurité. De meilleurs indicateurs donnerait la possibilité aux décideurs de mettre en évidence les avantages et les inconvénients des politiques pour que les gouvernements accompagnent mieux les changements. Troisièmement, les indicateurs permettraient aux gouvernements de réaliser de meilleurs diagnostics, d’identifier les problèmes et de sélectionner les bons outils pour les traiter.

Malheureusement, E. Laurent et J. Le Cacheux rajoutent que « Nous sommes restés prisonniers d’un “carré mystique” formé à la fois par la performance des marchés boursiers, le niveau du déficit et de la dette publique et la croissance du PIB. »

Les spécialistes sont d’accord pour admettre que cet indicateur étudié seul est inadapté aux défis sociétaux et environnementaux du XXIème siècle pour mesurer la richesse des nations. Cependant, le PIB a la peau dure et règne encore sur la scène économique internationale mais jusqu’à quand?

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