Développement humain

Quiproquo autour de l’empreinte écologique

Le 1er août 2018 correspond au « jour du dépassement » écologique.  En d’autres termes, à partir de cette date l’humanité consomme plus de ressources naturelles et émet plus de gaz à effet de serre que la planète Terre ne peut supporter.

Ce jour est calculé en comparant l’empreinte écologique de la population et la bio-capacité de la planète. Bien évidemment le calcul de cet indicateur est beaucoup critiqué. On constate notamment des raccourcis, des données mélangées, des affinements de calculs chaque année et des différences entre les pays.

Cependant, cet indicateur est avant tout un moyen d’interpeller le grand public sur les problèmes environnementaux et sociétaux de notre siècle. C’est une approche globale qui permet au grand public de prendre conscience des limites de notre planète.

Le calcul du jour du dépassement est par ailleurs sous-estimé, « Un calcul plus rigoureux ou plus exhaustif mènerait à un accroissement du déficit constaté… et donc à une “célébration” plus précoce du Jour du dépassement », résument Aurélien Boutaud et Natacha Gondran dans The Conversation.

Donc effectivement, il existe et existera bien des solutions technologiques, à l’image des NBIC, de la géo-ingénierie ou du Trans humanisme, etc…et bien que la croissance (analysée par le biais de l’économie physique avec les éléments qui se heurtent aux limites de la planète et non de l’économie monétaire) peut  encore être positive avec des ressources plus rares et plus chèresElle ne sera toujours pas soutenable pour la planète. L’augmentation de la population et du capital accroît l’empreinte écologique de l’humanité et nous rapproche de la capacité de charge de la planète. 

D’ailleurs, les économistes classiques tels que Malthus ou Mill avaient déjà annoncé la survenu d’une stabilité de la croissance et d’un état statutaire pour l’économie à cause de la limitation des ressources naturelles. Le modèle d’analyse économique Solow aboutit aussi à cette conclusion avec une activité économique qui évolue au même rythme que la population.

L’énorme enjeu de la problématique enlève par principe tout aspect manichéen à la recherche de solutions. Les échanges entre les partisans de la croissance et les défenseurs de la décroissance s’apparentent plus à un combat de coqs et occulte malheureusement le véritable débat de fond qui reste le besoin de concilier notre développement et l’environnement.

Dans le fond, il ne faut pas chercher à savoir qui a tort ou qui a raison entre le mouvement de l’optimisme technologique et les annonciateurs de l’effondrement car d’après Richard Buckminster Fuller, « Il n’existe pas de crise énergétique, de famine ou de crise environnementale. Il existe seulement une crise de l’ignorance. ».

Il est donc important d’informer et d’échanger autour de ces sujets. Au vue de la complexité de la situation, personne n’est en mesure de vous dire quoi faire pour la planète donc avant de vouloir changer le monde, commencez déjà par aimer le vôtre.

Et comme l’explique Gunther Anders, « Il ne suffit pas de changer le monde. Nous le changeons de toute façon. Il change même considérablement sans notre intervention. Nous devons aussi interpréter ce changement pour pouvoir le changer à son tour. Afin que le monde ne continue pas ainsi à changer sans nous. Et que nous ne nous retrouvions pas à la fin dans un monde sans hommes. »

 

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